7ème Diagonale: Menton - Hendaye du 26 au 29 avril 1992

(dernière mise à jour dimanche 12 novembre 2006)

Diagonale FFCT: carnet de route n° 92029, homologation n° 92005

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  Récit (écrit en mai 1992)

La première Diagonale du Triangle:
Menton-Hendaye du 26 au 29 avril 1992


Deux participants: Jean-Michel Clausse et Marc Liaudon.

Préambule

Il me reste trois diagonales à accomplir pour boucler le cycle des neuf. L'idée de les enchaîner dans un Triangle sans repos intermédiaire m'est venue l'an passé au cours d'un Nice-Genève euphorique.

Venant de Lyon en voiture, j'arrive chez Jean-Michel Clausse à Villeneuve - Loubet à 19h. Jean-Michel passe une partie de la soirée à alourdir son vélo léger au cadre en Duralinox d'un porte-bagages, d'un porte-sacoches, d'un rétroviseur et d'un éclairage sans oublier de changer les pneus et de vérifier les roues pour la diagonale Menton-Hendaye que nous allons faire ensemble.

Tout comme moi, Jean-Michel a effectué un peu plus de deux mille kilomètres d'entraînement, un volume bien supérieur à celui qui était le sien l'an passé au départ de Hendaye-Strasbourg et qui fut la cause principale de son abandon à Auxonne.

1èreétape: Dimanche 26 avril 1992
Menton(Alpes-Maritimes) - Varages (Var), 174 km: La mise en route

Nous laissons la voiture chez les amis Paul et Janine André et quittons le commissariat de Menton à midi, l'heure prévue. La basse corniche nous conduit à Nice. De Cagnes, Jean-Michel nous fait passer par la route de la Colle sur Loup, plus tranquille, pour rejoindre Grasse. La montée le long de la Miagne est la première sortie chaude de l'année, l'une des premières en cuissard court et il me faut l'arrêt fontaine de Saint-Pons pour récupérer un peu de fraîcheur.

Après Grasse et jusqu'à l'étape du soir, la route alterne montées et descentes et le vent nous est favorable. A Draguignan, Jean-Michel remonte sa selle pour être plus efficace. Par la suite, mon rythme baisse sensiblement, la vitesse ascensionnelle passe de 17 à 12 km/h et le plateau de 28 dents remplace celui de 40. Nous traversons Salernes, pays des beaux-parents de Jean-Michel et célèbre pour la tommette, céramique hexagonale qui recouvre bien des sols de cuisine.

A Rians, il y a cinq hôtels dans l'annuaire:

Cela m'a amené, il y a quelque jours à retenir l'hôtel à Varages.

Bien m'en a pris puisque celui-ci est tenu par une grand-mère dynamique et sympathique qui reçoit de temps à autre des cyclistes qui comme nous effectuent des parallèles, sic!

Après un bon repas, nous ne rejoindrons pas nos chambres sans tout savoir du pharmacien du village que connaît également Magali Clausse.

2ème étape: Lundi 27 avril 1992
Varages (Var) - Narbonne (Aude), 304 km: La facilité

Le réveil sonne à 4h10. Nous avons libre accès à la cuisine où il n'y a qu'à allumer le gaz sous la cafetière et puiser dans le frigidaire pour prendre beurre et confiture, suivant en cela les consignes de notre hôtelière!

Jean-Michel est fringant et ces routes de Provence quasiment plates sont bien agréables. La nuit puis le petit jour et le matin n'y sont pas froids et nous arrivons à Evguières en pleine forme.

A Arles, le vent devient franchement favorable et nous avons quarante minutes d'avance sur l'horaire. Grâce à quelques relais appuyés, nous approchons les 170 kilomètres à midi et nous mangeons à Aigues-Mortes, une heure avant l'heure prévue.

La Grande-Motte est devenue moins inhumaine depuis que les arbres ont poussé. Des flamants roses s'ébrouent dans l'étang de Pérols.

Le vent s'oriente de plus en plus à l'ouest et nous est donc de plus en plus défavorable. De 27 km/h, la moyenne générale sur le vélo tombe ainsi à Sète à 26.

Dans Sète, bien animée, nous nous fourvoyons et ne récupérons que tardivement la route de la corniche. Cela nous permet de filer sur la N112, calés dans la roue d'un cycliste en tennis qui porte un sac à dos et nous protège partiellement du vent.

Dans la petite côte d'Agde, Jean-Michel manifeste les premiers signes de fatigue. Il est vrai que nous avons déjà plus de 250 km dans les jambes, et à présent jusqu'à Coursan, ce ne seront que petites routes balayées par le vent. Au passage de l'Aude, juste avant les Salles d'Aude, une petite pancarte nous met en garde:

"Un seul sur l'ouvrage".

Il n'est pas 20 heures quand nous entrons dans Narbonne et gagnons notre hébergement du soir. Bien que supérieure à 300 kilomètres, l'étape est sans doute un peu courte. Mais chez Lise, amie de la soeur de Jean-Michel, le gîte et le couvert sont chaleureux.

3èmeétape: Mardi 28 avril 1992
Narbonne(Aude) - Pau (Pyrénées Atlantiques), 328 km: La difficulté

Ce matin, nous quittons Narbonne à 4h04, pratiquement sans retard.

A Conilhac-Corbières, sur la N113 que nous venons de retrouver, nous notons l'existence de l'auberge relais le Cent-Treize, une adresse que nous ne manquerons pas de communiquer à Paul André dont c'est le nombre fétiche, club des Cent Cols oblige!

Il fait gris et nous réussissons à traverser Carcassonne sans voir la Cité. Une petite route nous conduit à Bram où il faut tourner pour trouver un café ouvert à 8h du matin.

La côte de Fanjeaux, sévère mais juste, marque la fin de notre allégresse dans cette diagonale.

Jusqu'à Pau, le parcours est tourmenté et cela n'est pas pour nous déplaire, mais et ce n'était pas prévu le vent d'ouest souffle violemment et apporte en plus par moment des ondées violentes et glaciales.

On roule en relais jusqu'à Belpech à 18km/h dans les rares parties plates. Dans les côtes à partir de Saverdun, Jean-Michel commence à avoir du mal et je m'efforce de l'attendre.

Au 160ème kilomètre, Lézat-sur-Lèze arrive enfin, et si nous ne sommes pas en retard en y arrivant, nous le serons nettement en partant car il y a beaucoup de clients au restaurant.

Je téléphone à Laurence Thouvenot pour lui annoncer un retard prévisible pour ce soir et Jean-Michel téléphone à son boulot pour s'assurer qu'on n'a pas besoin de ses compétences.

Carbonne est atteinte après un déluge à l'entrée de Lacaugne. La remontée de la vallée de la Nère est particulièrement pénible, succession de petites bosses avec froid et violent vent de face.

Je ne crains guère les bosses, mais l'arrivée sur Boulogne-sur-Gesse, succession imprévue de rampes et de paliers a sur moi l'effet d'un calmant qui durera un bon moment. Le cafetier parle dans un micro et Jean-Michel passe un nouveau coup de fil à son boulot.

La remontée sur le vélo est prudente. Ayant perdu tout punch dans les bosses, je laisse filer Jean-Michel devant.

Nous nous retrouvons à Trie-sur-Baïse où Jean-Michel a eu le temps de passer de nouveaux coups de fil!

Tandis qu'il fait ses courses de 20 heures, je continue tranquillement pour me refaire une santé. Nous arrivons pratiquement ensemble à Rabastens de Bigorre dont nous repartons à la nuit, à l'heure à laquelle nous devions arriver à Pau.

Entre-temps j'ai réparé une crevaison à l'arrière et Jean-Michel a émis des doutes quant à ma capacité à boucler le Triangle. Piqué au vif, je me suis restauré et, péremptoire, lui ai donné rendez-vous dans les bosses qui nous conduisent à Pau. Je me connais suffisamment pour savoir que ma défaillance est enrayée et je le connais suffisamment pour savoir qu'il lui faudra s'accrocher dans la roue.

Effectivement, dès la montée des premières bosses qui suivent Vic-en-Bigorre, Jean-Michel est décroché et mon amour-propre revigoré. Bientôt, je me rends compte du manque de lucidité de mon attitude et nous faisons une courte pause du côté de Gabaston pour permettre à Jean-Michel de s'allonger sur la route et de faire une micro-sieste.

L'arrivée à Pau est longue mais bien éclairée et c'est à Oh50 que nous sonnons à l'interphone de Jean-Luc. Nous n'avons guère le temps de goûter la tiédeur de son appartement, il faut penser à récupérer le plus possible.

4èmeétape: Mercredi 29 avril 1992
Pau (Pyrénées Atlantiques) - Hendaye (Pyrénées Atlantiques), 151,5 km: Et d'une!

7H45 au départ de Pau. Au réveil, il pleuvait encore à verse, mais nous traversons la ville dans la roue de Jean-Luc, sous un ciel plus sec. Jean-Luc a prévu de nous accompagner pendant deux jours, donc jusqu'à Ruffec, afin de parfaire son endurance. Ses chevaux sont tout neufs et sa puissance et sa régularité vont faire mon bonheur, pendant un moment du moins.

A Arbus, nous quittons le Gave et attaquons le parcours en montagnes russes qui nous conduira à Hendaye.

Les averses succèdent aux éclaircies et Jean-Michel, peu à l'aise, s'arrête fréquemment pour se vêtir ou se déshabiller. Malgré la pluie, le Béarn est superbe et jusqu'à Saint-Palais, je limite la casse.

A Saint-Palais, Jean-Michel doit se restaurer, et nous lui donnons rendez-vous à Hasparren, lieu prévu de l'arrêt repas avec rendez-vous ultime à 13h45. Jusqu'à Hasparren, le vent d'ouest est fort et je me cale dans la roue de Jean-Luc.

A la fin du repas à Hasparren, Jean-Michel n'est toujours pas là et nous partons pour Hendaye. Je passe le col de Pinodiéta à huit km/h mais me requinque un petit peu dans le col de Saint-Ignace, plus facile.

Encore un petit raidillon pour franchir le col de Courlecou où l'on construit un nouveau pont sur l'autoroute et nous nous laissons glisser jusqu'à Hendave, arrivant au commissariat dix minutes avant l'expiration du délai, commissariat où nous retrouvons Claude Bénistrand, arrivé ce matin de Clermont-Ferrand par le train et qui a mis à profit la journée pour escalader deux petits cols en Espagne. Nous allons donc pouvoir partir pour enchaîner dans la foulée avec la deuxième diagonale Hendaye-Dunkerque.

Pendant ce temps-là Jean-Michel, moins pressé par les délais puisque pour lui, l'objectif est le train de 18h30, arrivera à la gare de Hendaye vers 17h15 après s'être fourvoyé du côté du col de Courlecou.

        Marc Liaudon, mai 1992

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