Récit du Voyage dans l'île de Majorque

(dernière mise à jour le lundi 7 avril 2003)

Préambule:retour aux photos

Ce récit est plus particulièrement destiné à des cyclistes qui envisagent de se balader dans cette superbe île. Des cyclistes pressés et allégés peuvent faire un parcours comparable en deux fois moins de temps, par exemple en étant basé à Palma, dont on n'est jamais très éloigné.

Les 61 cols mentionnés sont généralement goudronnés. A contrario, les mentions suivantes signifient:

R1 : chemin en terre aisément cyclable,

R2 : chemin en terre plus ou moins cyclable

S2-3 : sentier où il faut pousser le vélo

 

1er jour mercredi 21 mars 2001. De Palma à Camp de Mar: 65km et 8 nouveaux cols.

J'arrive du Sud de la France en deux petites journées de vélo suivies d'une petite nuit de bateau entre Barcelone et Palma. Le débarcadère est séparé de l'Almunaicar, magnifique palais entouré de beaux jardins, par quatre km le long du port.

Dans la matinée, je retrouve Jean-Michel Clausse. Jean-Michel, arrivé hier soir par l'avion de Nice via Barcelone, a passé la nuit dans un terrain vague à proximité de la centrale thermique, entre l'aéroport et la mer. Ce matin Jean-Michel a traversé la localité Es Coll d’en Rabassa et a remarqué que ce n'était pas un col géographique.

Nous repérons ensemble les cols de la liste officielle sur la carte 1/125000. Ensuite nous allons à la Casa de la Mapa, 11 calle San Domingo, petite rue piétonne en pente à proximité de l'Almudaina. Nous y restons un bon moment, consultons les 1/25000 et achetons finalement une Kompass au 1/75.000 et une carte au 1/40.000 de la partie Nord de l’île.

Après quelques zigzags dans la ville, c'est la bouffe sur un banc près du musée Poble Espanyol où le plein d'eau nous est assuré par le tuyau de l'employé municipal.

L'après-midi est déjà largement entamée quand nous attaquons le parcours contacté ensemble ce matin. Le Coll des Vent (380m et 1er col), est identique au coll de la Creu que nous ne comptons pas. La piste d'accès au Coll del Pastors est trop mal revêtue pour nous attirer. Quant au Coll d'Es Tords, il n'y a aucun accès évident. Ce sont nos premières rencontres avec des cyclistes légers, c'est à dire sans bagages, par ici ce sont des britanniques, mais par la suite nous rencontrerons surtout des Allemands

Coll de Valldurgent (269m et 2ème col) en cul de sac. Calvia, bonne pause. Allons faire en cul de sac sur une route passante le Coll d'es Cucoms (100m et 3ème col). Passons près de Santa Ponsa, et sur une route encore plus passante faisons le Coll de Gorvio (70m et 4ème col).

Après Paguera, traversée à vélo en sens interdit, une route tranquille nous remonte au Coll d'es Mole (185m et 5ème col). Après Capdella, il y a un joli col bien marqué mais sans nom, avant de franchir le Coll de San Bach (ou Son Boch) (228m et 6ème col). Andraitx avec supermarché en tombée de nuit à la sortie du village, Coll de Andritxol (135m et 7ème col) sur la toujours aussi passante C719. De nuit, nous allons en léger cul de sac au Coll de Puig Gros (55m et 8ème col) et de là, nous redescendons sur Camp del Mar. C'est déjà 20h et nous dormons en bord de mer dans un immense parking couvert en construction, sous une dalle de béton.

 

2ème jour jeudi 22 mars 2001. De Camp de Mar à Galilea: 77km et 13 nouveaux cols.

Nous montons au Collet de Cala Blanca (75m et 9ème col). Puerto de Andratx est établie dans une jolie baie, malheureusement défigurée par les clapiers en béton. Un chauffeur de taxi originaire de Salon nous dit qu’il n’y a pas de fontaine sur le port et que l'eau courante est toute récente dans ces lieux.

Nous montons en cul de sac au Coll Baix (74m et 10ème col) qui est goudronné côté sud. Une route en reconstruction le long d'une décharge nous amène à s'Arraco. Du Coll de Baset (130m et 11ème col), nous dévalons sur San Telmo, point occidental de l'île. C'est une jolie crique, construite mais calme. Belle vue sur l'île de la Dragonera, qui vue d'ici ressemble en effet à un dragon.

Nous remontons le Coll de Baset avec d'autres cyclistes. Il fait chaud et c'est agréable. Passage au Coll de S' Arraco (150m et 12ème col) et retour à Andratx. Nous faisons la pause hors sac de midi près de la fontaine en haut du cours, et ce en compagnie d'un cycliste allemand.

A présent commence la route côtière C710. Le Coll de ses Forques (152m et 13ème col), repéré par Michel Verhaeghe comporte une pancarte. Nous suivons quelques cyclistes rapides et arrivons au Coll de sa Gremola (343m et 14ème col). De là, une piste R1-2 nous conduit au Collet d'En Tio qui est une jolie crête moutonnante mais pas vraiment un col.

Nous revenons sur nos pas et reprenons cette route agréable, vallonnée et touristique. Passage au Coll de Colom (320m et 15ème col), belle route en corniche, puis Col d' Es Pi (325m et 16ème col).

Estellencs. Nous croisons de nombreux cyclistes, mais c'est nous qui avons le bon éclairage, c'est à dire le soleil dans le dos! A cause de leur escarpement, il est impossible de tenter les cols repérés hors route sur les cartes au 1/25.000 et 1/40.000.

A l’entrée de Banyalbufar, une pancarte affirme:

"Sin coches en la calle, el pueblo es mas agradable", c'est à dire:

"Sans voitures dans les rues, le village est plus agréable". Comme cela est bien dit !

La montagne tombe de façon abrupte dans la mer mais, à la différence de la Corse, il y a de nombreuses terrasses agricoles. La difficulté à trouver une fontaine est prétexte à faire une pause au café. Nous passons presque sans nous en rendre compte au Coll de Sabastida (295m et 17ème col). Une route bien revêtue avec quelques lacets nous amène au Coll di Gros (335m et 18ème col).

Début du cul de sac puisque nous repasserons ici demain. Descente sur Sa Granja, puis à droite remontée par une route étroite et bien revêtue, avec des lacets en fin jusqu'au Coll d'es Grau (450m, R1 et 19ème col), que nous irons fouler réellement le lendemain, mais qui est tout près de la route. Deux grands lacets et nous passons en descente le Coll d'es Picona (340m et 20ème col).

On fait les courses de bouffe à Puigpunyent, puis le plein d'eau et la toilette du soir au robinet du carrefour de la route de Palma.

La nuit tombe. On repère à gauche une cabane qui pourrait servir de gîte pour la nuit. Mais on doit pouvoir trouver mieux et on monte au Coll de sa Molo (360m et 21ème col). La route monte jusqu'à Galilea, village perché un peu à droite de la route principale. On voit la côte au loin en contrebas. Nous sortons les bleuets et mangeons sur le stade près de l'église, bien éclairé par l'éclairage public. C'est même trop éclairé pour Jean-Michel qui préfère redescendre dormir à la cabane repérée tout à l'heure. Je préfère dormir sur place, sur un banc en bois à la belle étoile.

C'est ainsi que j'observe la Grande Ourse qui tourne un peu…

 

3ème jour vendredi 23 mars 2001. De Galilea à Coll de Soler: 89km et 8 nouveaux cols.

Réveil au lever du jour et petit-déjeuner au lit avec vue sur la montagne…

Le soleil se pointe et il fait rapidement doux. Je m'élance dans la descente, de plus en plus fraîche et, belle synchronisation, arrive à la cabane au moment où Jean-Michel s'en extirpe.

A Puigpunyent, un peu de lessive et de toilette au point d'eau d'hier soir. Nous allons en cul de sac au Coll de San Forteza (270m et 22ème col), puis refaisons le parcours d'hier à l'envers jusqu'à Sa Granja d'où nous descendons sur Esporles, puis en cul de sac allons au facile (avec un petit lacet) Es Coll (200m et 23ème col). Nous revenons à Esporles pour une pause bouffe sur une placette avec une grande supérette. Ce village est tranquille et sympa.

Nous remontons à Sa Granja et au Coll di Gros. Après le Coll de Claret (495m et 24ème col), il y a une descente puis un long faux-plat qui monte et descend jusqu'au Coll de Valdemossa (408m et 25ème col)

Au village perché de Valdemossa, il y a beaucoup de touristes. Jean-Michel m'attend ici, en essayant de soigner le rhume contracté cette nuit tandis que je descends la PM111 sur deux km en direction de Palma pour tourner à gauche sur un camino particular et monter au facile Coll de Fatima R1 (399m et 26ème col), dont seuls les 300 derniers mètres ne sont pas goudronnés.

Retour à Valdemossa en 3/4 heures environ. Je retrouve Jean-Michel et c'est l'occasion de manger hors-sac près de l'église. Nous faisons ensuite le plein d'air et d'eau à la station-service à la sortie du bourg.

Deia et ses terrasses. Le Col des Canyant (170m et 27ème col) est peu marqué. Dans la descente, on voit Soller dans le fond. Jean-Michel crève avant Puerto Soller. C'est l'occasion de rencontrer Richard, un Allemand à VTC et sacoches qui aide Jean-Michel à réparer. Ils discutent en allemand et Richard dit avoir dormi la veille au lac de Cuber, c’est noté.

De Port de Soller, on va en cul de sac au Coll d'Es Figueral (104m et 28ème col) par une route bien raide et non sans être monté trop haut.

Nous redescendons à Port de Soller, puis montons au Coll des Marques (187m et 29ème col) par une petite route sympa, puis descendons sur Soller. Nous faisons les courses au Supermercat puis mangeons à la fontaine sur la place principale où nous retrouvons Richard qui cherche un gîte gratuit.

Des journaux gratuits chez le marchand de presse protégeront le couchage nocturne puis nous allons voir le tramway qui dessert le Port de Soller.

Nous repartons assez tard sur la route du Coll de Soller, très circulante jusqu’à l’entrée du tunnel, puis très agréable dans les lacets.

 

Un km avant le col, alors que la nuit tombe, nous trouvons une maison cantonnière en ruine où l'on pourrait passer la nuit, mais comme il fait bon, nous dormons dehors, sur un terre plein en herbe à côté de la fontaine de la Reina asséchée.

 

4ème jour samedi 24 mars 2001. De Coll de Soler à Lac de Cuber: 95km et 8 nouveaux cols.

Nous nous réveillons avec le jour vers 6h30, mais prenons bien le temps avant de décoller: petit-déjeuner au lit, rêveries sur les cartes,etc.

A peine un km et demi et c'est déjà le Coll de Soller (496m et 30ème col). Il y avait donc 6 km du tunnel au col. Belle descente avec superbes lacets (tout comme la montée). Pas de bagnoles.

Bunyola, joli petit col, c'est le marché. Jolie montée par une route étroite et ombragée au Coll de Hono (555m et 31ème col). Nous nous faisons doubler par quelques cyclistes. L'accès au col d'es Pino est fermé. Ensuite, la vue s'étend sur un bel altiplano que nous traversons puis nous remontons sur Orient, qui ressemble à un village de la Drôme provençale.

Nous allons faire en cul de sac le col suivant. Sur une route privée où se chasse le gros gibier, il s'agit du Coll de sa Corona (522m et 32ème col). Nous revenons ensuite sur Orient, puis sur le Coll d' Orient (480m et 33ème col).

Chaude descente sur Alaro, où l'on mange sur une petite place en queue de marché. Coll de sa Creueta (240m et 34ème col). Près de Santa Maria, nous tentons sans succès le col suivant, que nous ferons avec succès en cul de sac par l'ouest: Coll des Puig R2 (193m et 35ème col) au milieu des amandiers et des oliviers.

Retour à Bunyola et à nouveau grand arrêt bouffe, cette fois à la fontaine et c'est également l'occasion de s'y laver. Puis nous remontons au Coll de Soller.

Soller. Nous apercevons le train de Palma. Fornalutx est un joli village resserré avec quelques touristes. Nous rattrapons la grand route. Il y a plein de motards qui font plus ou moins la course mais se limitent heureusement aux premiers virages, quel tintamarre!

Après une pause au mirador de Ses Barques, on voit le départ de Carg Coles que nous ferons plutôt demain. Puis c'est le tunnel du Coll de Puig Mayor (895m et 36ème col). De l'autre coté du tunnel, la nuit tombe.

Nous passons devant des baraquements militaires. L'accès au Puig Mayor est une route militaire fermée par une grille et une sentinelle, nous verrons demain. A l'Alt de Cuber (770m et 37ème col), il fait bien nuit.

Nous quittons la route principale et longeons le lac de Cuber pour aller au refuge indiqué par Richard. Le refuge est désert et fermé mais comme Richard l'a indiqué, il y a un large auvent sous lequel nous mangeons et nous glissons dans les duvets à 21h30. Le vent est violent, mais la bâtisse nous en protège et la nuit s'annonce bonne.

Vers 22h30, ça fait déjà un moment qu'on dort quand arrive un groupe d'espagnols en bagnoles qui s'installe au refuge et fera du tapage jusqu'à 2h du matin. Grâce aux boules Quiès renforcées par l'écharpe autour, la nuit sera quand même correcte pour moi mais moins bonne semble-t-il pour Jean-Michel.

 

5ème jour dimanche 25 mars 2001. De Lac de Cuber à Lluc: 75km et 6 nouveaux cols.

Cette nuit, on est passé en heure d'été. Nous longeons une jolie piste en fond de vallée puis en quelques virages nous atteignons après 3 km, le Coll de l' Ofre R1-2 (882m et 38ème col). De l'autre coté, on voit Soller dans le fond. On se croirait en haute montagne et il n'y a pas de retour évident sur le tunnel du Puig.

Nous rebroussons donc chemin et passons devant le gîte de cette nuit. Nous retrouvons le goudron au barrage. Des paysans courent après les moutons et nous remontons la route descendue hier soir.

L'accès au Puig Mayor est interdit car c'est militaire, on nous le confirme au poste de garde, et c'est bien triste pour les cyclos que nous sommes.

Nous repassons le tunnel de Puig Mayor puis après un km de descente, prenons à droite la piste du coll des Carg Coles. Après un km de piste muletière, un gars en 4x4 nous réprimande vertement: ici c'est une proprieta privada, on doit se barrer.

Bref, nous repassons une nouvelle fois le tunnel de Puig Mayor puis le Alt de Cuber et ç'aura donc été un double échec annoncé pour le Puig Mayor et le coll des Carg Coles.

Nous longeons l'embalse de Gorg Blau, moins belle que celle de Cuber et atteignons le carrefour de la route de la Colobra. A ce carrefour stratégique pour l'un des trois plus beaux culs de sac de l'île, il y a plusieurs buvettes. Jean-Michel y laisse son sac tandis que je préfère garder mes sacoches.

La route de la couleuvre (Sa Colobra) est un long cul de sac qui part de la montagne et descend en de nombreux lacets jusqu'au bord de la mer.

Ca commence par une courte montée au Coll de Cals Reis (720m et 39ème col), col bien marqué et point haut de la route. Puis, de l'autre coté, la route plonge rapidement. Elle passe à une originale boucle hélicoïdale qui marque le Coll de sa Moleta (673m et 40ème col). Puis s'enchaînent les lacets que les bus ont bien du mal à aborder. Après un joli passage dans les rochers et les pins qui contraste avec l'aridité du haut, on prend la bifurcation à gauche et une légère remontée nous amène au Coll de San Llorenc (227m et 41ème col) marquée d'une espèce de chapelle.

Ensuite c'est la descente sur Cala Tuent avec une bonne remontée au bout de la cala pour aller au restaurant. Celui-ci est bien situé mais un peu guindé, et du coup nous allons manger nos antifringales sur la terrasse d'une bâtisse en bord de plage, pas mécontents d'être à l'abri du fort vent de l'endroit.

Cette cala est un cul de sac et nous remontons donc le Coll de San Llorenc, puis à la bifurcation, descendons sur la Colobra, beaucoup plus fréquentée que la Cala Tuent.

A pied et à vélo, nous nous rendons à l'embouchure du torrent de Pareys, un canyon à fond plat, au niveau de la mer, un peu comme la calanque d'En Vau près de Marseille, mais en plus grand, et où il y a de nombreux touristes.

Il n'y a plus qu'à repasser à Sa Colobra et à remonter les 720 m de dénivelée qui nous séparent du carrefour et des guérites où Jean-Michel a laissé son sac tout à l'heure.

A la buvette, Jean-Michel récupère son sac et on fait quelques emplettes.

Nous prenons ensuite la route de Pollença, route qui offre de belles vues sur une piste à quelques km au nord, au delà du ravin. Au passage, nous allons faire en cul de sac sur la droite et en arrière, le facile Coll des Romani R2 (720m et 42ème col), les 200 derniers mètres après le franchissement d'une barrière qui nécessite d'alléger les vélos.

De retour sur la route assez vallonnée (type Verdon), c'est ensuite le Coll de sa Bataia (579m et 43ème col), emplacement d'une station-service.

Nous arrivons à Lluc à 20h10, il fait encore jour changement d'heure oblige, et nous installons les duvets sur le fronton, à côté du stade. C'est impeccable et il y a même un robinet d'eau.

 

6ème jour lundi 26 mars 2001. De Lluc à Formentor: 73km et 12 nouveaux cols.

Après un bref aller et retour au bel édifice qu'est l'hospice du Lluc où plusieurs cyclos nous ont dit avoir dormi, nous prenons la route de Pollença, puis à droite une petite route qui va à Binifaldo, célèbre pour ses sources d'eau minérale dont on trouve des bouteilles dans toute l'île. Comme nous allons repasser ici dans un moment, nous laissons les affaires dans un fourré.

La petite route nous conduit au Coll des Pedregaret (690m et 44ème col). Un allemand y a laissé son beau VTT de rando attaché à un arbre par un antivol. Par sentier et piste, nous nous fourvoyons un peu dans ces bois avant de passer finalement au Coll Pelat R2 (686m et 45ème col). De là sur la gauche, une piste puis un sentier nous conduisent au Coll de sa Font S3 (687m et 46ème col). Puis nous terminons la boucle par une piste en descente assez raide.

Nous récupérons les bagages puis laissons tomber la boucle coll des Atses, coll des Pinatos, coll Cimo, qui est sans doute très belle, mais nous manquons de temps pour que Jean-Michel attrape son avion demain soir. C'est une jolie route où nous croisons plein de vélos.

Le point haut local est atteint au Coll de Mosset (535m et 47ème col). Dans la descente, sans trop nous en rendre compte nous passons le Coll de Martixet (380m et 48ème col)

Je repère le départ de l'accès au Coll d'Ariant, au cas où j'irais demain.

A Pollença, on trouve des ampoules de rechange pour lampe frontale, de la bouffe, des cartouches de camping gaz de 190g. Puis, après avoir longé d'étroites ruelles, on fait une longue pause hors sac sur la belle Plaça Mayor où de nombreux touristes et cyclistes déambulent et s'installent aux terrasses.

En bord de mer, la Cala San Vicente est un joli site un peu trop construit, d'où nous montons par une route d'abord goudronnée puis en terre au Coll de Siller R1 (79m et 49ème col). La descente se fait par un sentier où il faut parfois porter le vélo, comme quoi un col à 79m d'altitude n'est pas toujours synonyme de sinécure.

Nous sommes à présent à Port Pollença, au départ de la route en cul de sac qui mène au cap de Fromentor, extrémité nord de l'île. Nous n'y laissons pas les affaires comme prévu, car il est déjà 16h.

La route passe d'abord au Coll de Vela (92m et 50ème col), puis au Coll de la Creueta (210m et 51ème col), d'où l'on a une belle vue vers le nord.

Dans la descente, on franchit le Coll de Sant Aguda (80m et 52ème col). On fait le plein d'eau au bar de Formentor, en bord de plage, et nous repérons de quoi gîter ce soir. A noter une belle vue sur la petite île de Formentor.

Comme les rares automobiles de passage ici, on se fait arrêter quelques instants car il y a tournage d’un film qui se passe en partie sur la route.

Encore un col à l'altitude à deux chiffres, le Coll Figuera (90m et 53ème col). Belle vue sur la cala Figuera. La péninsule de Formentor est comme un doigt posé dans la mer, et jusqu'au phare la route est très belle, qui oscille en crête avec des vues sur la mer à droite, à gauche, devant, parfois à 360 degrés et avec le passage des Coll d'en Tomas (170m et 54ème col) et Coll de sas Arcadas (180m et 55ème col). On fait également le repérage de l'accès avec mains courantes au col de la Creu à 242m, mais ce sera dans une autre vie.

Au loin, on voit Minorque, et plus près, au sud, la péninsule de Alcudia (et le cap de Pinar). Enfin la route se termine par une descente puis une remontée sur le phare qui domine l'extrémité du cap.

Nous revenons alors à Formentor et nous nous installons à l’abri du vent entre les constructions du bistrot repéré tout à l'heure. Il est 20h passé, et comme les robinets qui fonctionnaient tout à l'heure ont été coupés, c'est le lavage à l'eau de mer.

Nous sommes seulement dérangés vers 20h30 par le veilleur de nuit qui nous fait nous déplacer pour libérer l'accès à la porte du bâtiment et nous incite à décamper demain matin avant 7h, ce que nous lui promettons bien entendu.

 

7ème jour mardi 27 mars 2001. De Formentor à Cala Gat: 113km et 1 nouveau col.

Le réveil sonne à 6h30 et nous déguerpissons donc avant 7h, sans avoir déjeuner et alors qu'il fait encore nuit.

Le jour se lève pendant la remontée du Col de la Creueta, franchi hier après-midi, et de là nous prenons la route qui monte à la tour (talaya) d'Albercutx à 370m. Au bout de la route, une cinquantaine de mètres à pied jusqu'à la tour pour voir le panorama. Jolie vue panoramique, mais moins lumineuse qu'hier soir.

Dans la descente, belle vue sur le Port de Pollença, et court détour à pied pour faire les 10 mètres qui nous séparent du Coll de Vela.

Après un petit-déjeuner tranquille sur le port de Pollença, nous allons à Pollença via le coll d'en Janet qu'on ne comptera pas en tant que col.

Je fais une tentative au coll d'En Patro (133m) en cul de sac, mais une fois n'est pas coutume, j'échoue au sentier 10 mètres en dessous à cause de l'envahissement du col par des propriétés, cela est bien triste. Jean-Michel qui ne sentait pas le coup m'a attendu à la barrière, il a bien fait. Nous passons au Coll San Vila (70m et 56ème col) et nous séparons à Sa Pobla. En effet, Jean-Michel doit être à Nice demain matin pour le boulot. Son avion décolle de Palma ce soir vers 19h. Il est à peine 11h et il a donc de la marge pour parcourir les 40km peu vallonnés qui nous séparent de l'aéroport de Palma. Il me racontera plus tard avoir vu Richard à l'aéroport qui attendait l'avion pour Münich!

Pour ma part, je dispose de deux jours supplémentaires et je vais les mettre à profit pour explorer l'autre partie de l'île, au sud et à l'est, moins montagneuse mais dont je vais découvrir qu'elle n'est pas dépourvue de charme.

Je prends donc des petites routes entre La Puebla et Muro à travers les orangers, où l'on peut voir également quelques moulins. A Can Picafort, je croise beaucoup de cyclistes. Passage d'un petit col sans nom 5km avant Arta. Après Arta, je monte à l'ermitage de Betlem. On y accède par une belle route en lacets avec un col sans nom (altitude 360m, environ 1km et demi avant l'ermitage). Sur place, petite ballade à pied avec une belle vue sur la baie d'Alcudia. Puis retour à Arta.

La nuit est tombée à Capdepera, et il fait curieusement plus chaud. Son Moll est assez agitée et je pousse jusqu'au phare de Capdepera, très calme, par une petite route dans les pins. Comme il n'y a pas de coin pour poser un duvet, je fais demi-tour au phare et descends sur la cala des Gats. Il est 21h15 et j'avise une table sous une paillote déserte qui fera un excellent couchage.

 

8ème jour mercredi 28 mars 2001. De Cala Gat à Cap de Ses Salines: 110km et 2 nouveaux cols.

Je pars par la promenade qui surplombe la côte.

Saint-Moll, Es Carregador, puis quelques km en urbanisation de luxe en direction des grottes d'Arta: cul de sac à Font de Cala car c'est un chemin privé (qui débouche dans un golf, je le découvrirai de l'autre coté), et donc c'est rageant mais il faut faire un long détour et revenir à Capdepera, alors que les grottes d'Arta sont toutes proches.

Le temps est gris et couvert sur les montagnes. Je roule en long pour la 1ère fois de la semaine. Les Grottes d'Arta (Coves d'Arta) sont assez chouettes: j'en ai eu une vue partielle en évitant la visite guidée qui coûte 1200 pts! A noter une carte murale Firestone de l'île au 1/125000.

De jolis lacets conduisent au Coll des Vidries (140m et 57ème col), routier et tranquille car la grand route a la bonne idée de passer dessous par un tunnel (altitude 80m). Ce col est matérialisé par une belle pancarte en céramique.

J'atteins Son Servera dans la roue de quelques allemands. A la sortie, c'est le passage sans intérêt, au Es Collet de sa Punta (124m et 58ème col). Après San Llorenc, puis Manacor, je laisse tomber un col en cul de sac car il y a du vent de face et encore un peu de route vallonnée jusqu'à l'étape.

Après Felanitx, une magnifique petite route en lacets dans les pins monte à l'ermitage de San Salvador d'où la vue plein est sur la côte est superbe.

Après le retour à la route principale, je passe dans Fejanitx. Une route peu vallonnée m'amène à Santanyi. C'est à nouveau le grand beau temps. Dans un bar de Llombars où je fais le plein d'eau potable, on me donne un vieux journal et j'apprends la victoire de Zabel dans le dernier Milan San Remo.

Après le carrefour de la route du cap de ses Salines, le vent est favorable. La route descend jusqu'au cap où j'arrive vers 20h25.

Le cap de Ses Salines est le point le plus au sud de l'île. Le phare fonctionne mais il n'y a personne et l'accès en est fermé. Au pied du phare, un grillage entoure quelques bâtisses, site inhabité et interdit, mais accessible en faisant le tour du grillage. Un robinet d'eau, pas un chat, une mer fort agitée qui se brise sur les rochers tout proches, une belle vue sur l'archipel de Cabrera, il n'y a qu'à étendre le duvet contre un mur à l'abri du vent, c'est le pied.

 

9ème jour jeudi 29 mars 2001. De Cap de Ses Salines à Palma: 127km et 2 nouveaux cols.

Je fais la grasse matinée au soleil dans ce no man's land en me planquant un peu quand sur le coup de neuf heures, une vedette passe à proximité.

En fin de matinée, je m'extirpe de ce petit paradis et la route me conduit à Ses Salines.

Campos est balayée par un grand vent d'ouest. Un petit col sans nom à 130m d'altitude puis une descente et du plat jusqu'à Porreres.

Je prends la roue d'un groupe de six cyclos allemands. Le rythme est un peu vif et je dois sprinter dans la roue d'une nana qui ralentit un peu le groupe pour ne pas être décroché dans le Coll d' Esvent (200m et 59ème col), mais ça vaut le coup de rester avec eux, ne serait-ce qu'à cause du violent de face.

Nous nous séparons à Lluchmajor où je laisse passer la grosse pluie d'orage dans un café tenu par un aficionado du cyclisme avec vélo Eddy Merckx et posters de vélo.

Après Randa, la montée est moins belle que celle d'hier au San Salvador. Elle part d'ailleurs de plus haut et se termine de façon presque plate en haut. Il y a un col anonyme mais bien marqué à 355m puis un autre à 409m qui est l'altitude du monastère Honorat où je passerai au retour.

En haut de la route, c'est un imposant monastère en plusieurs parties: Monasterio de Cura.

De ce monastère fort bien construit, la vue est splendide sur l'île de Majorque qui apparaît d'ici comme un magnifique jardin ceint de mer et de montagne. Impossible de ne pas y passer un long moment, d'autant plus que l'orage a comme lavé le ciel.

Dans la descente, un petit écart à gauche pour le Coll de San Honorat (409m et 60ème col), peu marqué à l'entrée d'un petit monastère, alors qu'il y a un col à 355m bien marqué sur la route principale.

Après Lluchmajor, une jolie petite route conduit au Phare du Cap Blanc, phare lui aussi interdit mais néanmoins accessible. Ce phare surplombe la mer de 40m, et donc on y entend moins le bruit des vagues qu'au phare de Ses Salines.

Une jolie route longe en surplomb de falaises rejoint le Cap de Regana tandis que la nuit succède au coucher du soleil.

Une agréable bouffe nocturne sur un banc en bord de mer à El Arenal, et me voici longeant la plage en vélo comme Jean-Michel l'a fait avant-hier. La mer est très agitée. Je m'écarte quelques instants de la côte, et un pompiste pas chien me donne une bouteille d'eau minérale.

23h30. J'arrive à Palma. L'Almudaina est fermée. Je vais visiter la plaça Mayor, via la place d'Espagne, recommandée par le guide du Routard et déserte à cette heure. Je me fourvoie un peu et repasse devant la Casa de la Mapa dans la devanture de laquelle s'affichent de magnifiques cartes éclairées.

Puis je vais dormir quelques heures sur un banc au pied de la cathédrale (là où nous avions repéré les cols il y a une dizaine de jours). Le vent est toujours aussi fort.

 

10ème jour vendredi 30 mars 2001. Boucle autour de Palma: 87km et 1 nouveau col.

Le grand vent a chassé la poussière du banc. En me réveillant naturellement à 5h30, j'anticipe la sonnerie du réveil matin. Je suis au port à 6h10, prêt à embarquer mais la file d'attente des voyageurs est longue.

En fait, au bout d'un moment on nous annonce que compte tenu de l'agitation de la mer, le bateau rapide de 7h est annulé. Puis quand c'est enfin mon tour d'arriver au guichet, j'apprends que le bateau lent de midi est complet, tout comme celui de demain midi. Du coup, je réserve le bateau rapide de demain 7h en espérant qu'il puisse circuler comme cela semble prévu.

Je retourne ensuite dormir sur un banc. Après cette sieste matinale, comme le ciel est bien noir sur les montagnes, je m'emploie à terminer la visite de Palma.

En début d'après-midi, je m'élance donc pour un petit circuit. Les nuages se sont envolés. Je me fourvoie dans la zone industrielle de La Victoria. La route de Bunyola est très passante et un petit écart me conduit en cul de sac, au Coll Cotro (174m et 61ème col).

A Bunyola, malgré le soleil, le vent est froid et il fait beaucoup plus frais qu'il y a quelques jours, aussi le lavage à la fontaine est beaucoup moins agréable.

Santa Maria del Cami est un bourg constitué de deux morceaux. Bien après Santa Eugenia, je me faufile sur une piste en terre puis des petites routes près de l'aéroport et arrive ainsi à Can Pastilla, la playa de Palma. Le soleil se couche à 20h05.

Je reprends comme hier soir la route qui longe la côte, mais de jour cette fois. La mer est beaucoup plus calme qu'hier soir, c'est bon signe.

A Palma, je me couche de bonne heure cette fois sur un banc en bord de mer, c'est très confortable.

 

11ème jour Samedi 31 mars 2001

Réveil naturel vers 5h20. Il y a du monde autour et dans les boîtes de nuit. Je suis à l'embarcadère avant 6h et le bateau rapide (catamaran Millenium) part sans problème à 7h20 (au lieu de 7h).

A bord, ce sont essentiellement des touristes du troisième âge, beaucoup d'allemands mais aussi des espagnols et des français. On a de belles vues sur la côte, en particulier sur la superbe île de la Dragonera qui ressemble à la fois à l'île du Riou et au Cap de Formentor.

Le bateau fait un demi-tour de l'île de la Dragonera puis s'éloigne définitivement de l'île de Majorque.

Le bateau arrivera à Barcelone à 11h45 (au lieu de 10h45). Ensuite, grâce à un bon vent de sud, je serai à la gare d'Elne près de Perpignan dimanche largement avant 17h pour prendre le train Port-Bou-Strasbourg (qui circule le dimanche seulement) et à Craponne à mon domicile en fin de journée. La première douche depuis 15 jours ne sera pas si désagréable…

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