Tout pour l'automobile !

(dernière mise à jour le samedi 16 février 2013)

Auto restriction (16 fév. 2013)   Fuite en avant (25 déc. 2004)   Un cercle très vicieux (30 sept. 2000)


 Auto restriction  mis à jour le samedi 16 février 2013. voir ici

 Fuite en avant  mis à jour le samedi 25 décembre 2004.
extrait d'une réflexion personnelle d'octobre 2003, en réponse à un contradicteur au sujet du projet de contournement ouest de Lyon. L'organisation de notre société est telle qu'il est en général difficile de se passer d'une automobile, que ce soit pour travailler, pour aller faire ses courses, pour partir en vacances ou en week-end, pour rendre visite à sa famille et ses amis, etc.

Or le trafic automobile entraîne des nuisances et aliénations de tous ordres: pollution atmosphérique et visuelle, nuisances sonores, gaspillage énergétique, incivisme, insécurité, etc.

Plus on construit de routes, c'est-à-dire plus on offre de voirie à la boulimie des automobilistes, et plus il y a d'automobiles, non seulement sur ces nouveaux équipements, mais aussi sur leurs abords, leurs liaisons, etc.

J'en ai vu les manifestations dans le hameau de notre maison familiale de Haute-Savoie vendue récemment, et où je me suis rendu bien des fois en train ou en vélo, en combinant parfois avec le taxi local, mais aussi bien des fois en automobile pour les raisons évoquées plus haut.

La rue principale de ce hameau autrefois sympathique est devenue invivable parce que la bretelle de l'autoroute A40 est désormais à 8 km. Les trois-quarts des automobilistes ne respectent pas les limitations de vitesse qui rappelons-le, sont des vitesses MAXIMALES à ne pas dépasser et non des vitesses recommandées et à excéder de 10% de préférence.
Le bruit est intense, en particulier celui des motos et le danger est omniprésent. Une riveraine fauchée par une automobile s'en est sortie avec une fracture de la hanche et des riverains se sont fait percuter en sortant de chez eux -en voiture!-, sans compter les chats écrasés, mais comment s'abaisser à un tel sentimentalisme que de seulement les évoquer alors qu'il y a tant de malheurs dans ce bas monde?

...

C'est tout ça qui me fait dire: STOP. Et il ne s'agit pas d'un postulat, mais d'une conséquence de tout ce que j'observe. Pourquoi dans toutes nos zones urbaines et périurbaines y a t il si peu de zones 30, si peu de voiries pour les déplacements non polluants, c'est-à-dire non motorisés, pourquoi l'offre de transport public augmente-elle si lentement, en quantité et en qualité?

Il faut certes du temps et de l'argent pour mettre en place une infrastructure de tramway et surtout de métro. Mais par exemple aujourd'hui 24 octobre 2003, la région vient de voter ok pour l'A45 (St-Etienne-Lyon) pour doubler l'A47, et là il n'y a pas eu de problème insurmontable de crédit…

Par ailleurs, remplacer les automobiles à moteurs diesel par des automobiles électriques diminuerait certes les nuisances sonores dues aux bruits des moteurs, mais est-ce une solution de remplacer le gaspillage d'énergie fossile pétrolière par celui de l'énergie nucléaire et cela résout-il la nocuité des bruits continus de roulage et aérodynamiques, la nocuité des comportements inciviques, la nocuité du bétonnage, etc. ?

et je terminais par ce PS:

PS: A l'ouest de Lyon, tout le monde n'est pas contre le contournement autoroutier, il y ceux qui espèrent en profiter, ceux que ça indiffère, ceux qui pensent que de toute façon ça se fera, ceux qui ne sont pas au courant, ceux qui n'y croient pas, etc.

Et même parmi ceux qui sont contre, tous ne sont pas contre l'automobile, certains sont uniquement contre l'automobile qui les gêne. Ce n'est pas mon cas, on l'aura compris.

En fait la voiture particulière est le symbole de la fuite en avant de notre société qui elle-même court après le modèle américain dont bien des aspects immédiats sont attractifs, mais malheureusement au prix de conséquences sociales et écologiques dévastatrices.

Que nous disposions ou pas de moyens financiers, tant que nous ne sommes pas confrontés directement aux inconvénients que cela entraîne, il ne nous est pas facile de modérer notre consommation:
c'est chouette d'avoir une maison, un jardin, des vélos, un ordinateur, un appareil photo, une télévision, un magnétoscope, des postes de radio, un réfrigérateur, une machine à laver, un téléphone portable et de pouvoir se déplacer où bon nous semble.

Pourtant, que les croissances de l'économie, du Produit Intérieur Brut, de la démographie, etc. soient supposées être indispensables au plein emploi et au bonheur de tous, n'est-ce pas une absurdité? La croissance infinie, c'est-à-dire le pillage sans limites des ressources naturelles, est-elle possible dans un monde fini ?
Je m'égare un peu mais c'était juste pour dire que ces projets autoroutiers me font mal aussi parce qu'ils participent d'une consommation effrénée...

 Un cercle très vicieux  mis à jour le samedi 30 septembre 2000.
transmis par RP, Lu dans "Courrier International" de septembre 1999, un article tiré de "Car Busters"(*).

L'approche des technocrates, en matière de transports, s'inscrit dans la culture de "prévoir et pourvoir", qui aboutit inévitablement à davantage de congestion. En voici le fonctionnement:

1) On réalise une étude sur le trafic, les prévisions étant faites à partir des tendances et des habitudes des déplacements passés (elles-mêmes reposant sur la logique du "prévoir et "pourvoir").

2) Ces prévisions montrent que, dans les 20 ans à venir, le réseau routier sera saturé.

3) On augmente la capacité routière en fonction des prévisions. Ces routes, par leur conception même sont capables de pourvoir au développement du trafic dans les 20 années à venir.

4) Les projets d'expansion du réseau routier incitent les villes à s'étendre puisque la réduction du temps de transport permet de se loger en banlieue à des prix plus abordables.

5) Le temps de déplacement en voiture se réduisant, la fréquentation des transports en commun baisse. Le développement tentaculaire de l'habitat ne permet plus d'avoir des transports en commun efficaces ou économiques. Au fur et à mesure que l'on a moins recours à eux, ces services se détériorent, d'où une plus grande utilisation des voitures particulières.

6) L'augmentation du trafic entraîne une congestion du système dans les deux ans qui suivent la fin de sa réalisation. Les experts tiennent des conférences et écrivent des articles dans des revues professionnelles pour se féliciter d'avoir su prévoir la nécessité d'accroître le réseau routier.

7) Les routes étant plus utilisées que prévue, une nouvelle étude s'impose. Bien évidemment, celle-ci parvient à la conclusion qu'avant 20 ans le réseau sera désespérément inadapté aux besoins de la population. D'où le besoin de nouveaux programmes d'extension.

8) Retour au n°1 (voir ci-dessus). La boucle est bouclée.

(*) "Car Busters" est un trimestriel militant lancé en 1998 lors des assises "vers des villes sans voitures". Publié en anglais avec un supplément en français, il est diffusé à 3500 exemplaires. Car Busters
http://www.carbusters.org/
trimestriel suscité par les assises "Vers des villes sans voitures" (Lyon 1997)
4, rue Bodin
F-69001 Lyon
Tél.: +33 (0)4 72 00 23 57

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