La Chasse

(dernière mise à jour le lundi 1er novembre 2010)

1. Constatation 2. une petite BD 3. Exemple vécu

 1. Constatation

La chasse, c'est le plaisir de tuer ou de blesser des animaux quand ce ne sont pas des hommes. La chasse, c'est aussi un lobby influent qui pèse lourdement sur le monde politique national et local pour imposer sa loi à 98% de la population qui, elle, ne se promène pas armée dans la nature. La chasse, c'est aussi un système financier qui lui permet d'avoir les moyens de son influence. (Extrait de Charlie Hebdo n°403 du mercredi 8 mars 2000)

Accessoirement, par expérience personnelle, la chasse et la pratique du vélo dans les chemins ne font pas très bon ménage, et en cas de scène de ménage, le cycliste a souvent intérêt à se tenir à carreau !

 2. une petite BD

Et une petite BD du dessinateur Charb, parue dans Charlie Hebdo n°389 du mercredi 1er décembre 1999: Crève, Chasseur !! (63 ko)

 3. Exemple vécu

Exemple que j'ai vécu dans la région de Vallon Pont d'Arc dans le sud de l'Ardèche :

Nous sommes le jeudi 28 octobre 2010.

A Ruoms où la nuit a été claire, le petit matin est frisquet avec un peu de gelée blanche, et du coup je m'attarde autour d'un bon petit déjeuner, bien au chaud dans un des cafés de la place du village. Je quitte enfin Ruoms sur mon vélo vers 8h.
Le temps est magnifique, les couleurs d'automne sont à leur paroxysme. Je franchis tout d'abord la rivière Ardèche, survolée par une escadrille d'oiseaux qui curieusement remontent vers le nord. Je franchis ensuite la Beaume, fais le plein à l'épicerie de Saint-Alban Auriolles puis franchis le Chassezac, enjambé par un pont étroit et pittoresque.
Après Grospierres, me voici sur une toute petite route qui va bientôt laisser la place à une piste pierreuse qui conduit au col de la Cize, où doit me faire passer la balade que j'ai prévue. Presqu'à la fin de cette toute petite route, un magnifique panneau annonce que par arrêté municipal du 30 avril 2004 :
l'accès est interdit aux véhicules à moteur, il s'agit d'un espace naturel protégé.

- Super chouette ! me dis-je.

Et tant pis si la piste est bien pierreuse et que rapidement, je préfère marcher à côté du vélo.
A la côte 354m, soit après 2 bons kilomètres de montée sur cette piste, je découvre deux voitures garées, ce qui me semble en infraction avec le panneau vu plus bas, les véhicules n'ayant pu monter ici en roue libre. Mais je découvre surtout, bien en évidence, un panneau plastifié accroché aux arbustes:

"Aujourd'hui cette zone est chassée, soyons tous vigilants !
Battue en cours
Nous sommes tous des amoureux de la nature. Partageons la.
N'hésitez pas à venir à notre rencontre.
Signé : la fédération départementale des chasseurs de l'Ardèche".

Voilà qui n'est guère encourageant pour le randonneur que je suis. Mais comme la montagne ne résonne d'aucun bruit suspect, ni aboiement de chien ni coup de fusil, j'entreprends de continuer, quitte à faire demi-tour si je tombe sur la battue.
Au bout de cinq cent mètres environ, au sortir d'une petite courbe de la piste, je tombe nez à nez avec un véhicule quatre-quatre garé sur le bas côté et deux individus armés, l'un de mon âge, assez fluet, et un autre plus jeune et plus costaud, adossé au véhicule.

Avant que j'ai eu le temps de dire Ouf! et de descendre du vélo, le vieux m'interpelle:
- Vous êtes complètement cinglé de rouler alors qu'il y a une battue, complètement cinglé. Vous n'avez pas vu les panneaux. Ah mais, je sais bien que ça ne sert à rien d'en mettre, je l'avais dit au chef de battue.

Un peu estomaqué, je le laisse déblatérer, puis me permets un:
- Tout d'abord bonjour. Ensuite, oui j'ai bien vu le panneau qui interdit l'accès aux véhicules à moteur (sous entendu : mais pas vous puisque vous avez amené ici votre quatre-quatre). Quant à votre panneau, il est posé après deux kilomètres de montée, ce qui est plutôt mal vu pour un randonneur déjà engagé dans le chemin. Mais ne vous inquiétez pas, je m'arrête deux minutes, et puis je fais demi-tour (sous entendu : je n'ai pas envie d'être transformé en écumoire comme ces pauvres sangliers).

Le vieux, toujours véhément:
- Non, non, continuez à monter, vous verrez ce qu'il va vous dire le chef de battue !

Ce à quoi, toujours à l'arrêt mais n'ayant pas encore retourné le vélo ce qui doit passablement l'irriter, je réponds:
-Laissez moi reprendre mon souffle une minute, et je vous assure que je fais demi-tour .

Et c'est là que le jeune qui n'avait rien dit jusque là m'apostrophe d'un ton menaçant :
- Bon ! Maintenant tu te tais, tu fais trop de bruit !

Et alors que je fais demi-tour et m'apprêt à m'en aller, le vieux reprend:
- Mais c'est pas possible, c'est comme la semaine passée, il y en avait un là-haut sur la crête avec son vélo. Mais pour faire du vélo comme ça, c'est que vous êtes des planqués !

Et alors que je commence tranquillement à redescendre, j'entends les deux chasseurs et cette fois en choeur:
- C'est ça, casse-toi ...
et le bruit des pneus du vélo dans les cailloux m'empêche d'entendre la fin de la phrase que j'imagine toutefois assez ressemblante à celle d'un autre amoureux de la nature, quoi que beaucoup plus haut placé, un certain Nicolas S.

Epilogue :
Malgré tout, la journée sera belle pour le randonneur, car la région ne manque ni de chemins ni de petites routes pour improviser un plan B ! Et c'est ainsi que après avoir évolué toute la journée entre les départements de l'Ardèche et du Gard, je repasse en fin d'après-midi, toujours sur le vélo, à quelques kilomètres du col de la Cize. Et j'entends que justement ça pétarade du côté de ce col. Et quand j'arrive précisément au col de la Serre, je croise un des chiens de battue tout seul sur la route, visiblement égaré, mais muni au cou d'une antenne émettrice de 30 cm.

Conclusion -amère- en forme de question : Jusqu'à quand ces chasses traditionnelles avec véhicules quatre-quatre, colliers émetteurs et balles à expansion dureront-elles ?

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